Utilisation de logiciels espion contre des politiciens et des activistes

Published by Carole on

Il ressort d’une information diffusée sur la plate-forme électronique « The Citizens Lab » qu’au moins 3 députés européens catalans, 31 députés appartenant à divers partis catalans, 3 présidents du parlement et 2 présidents régionaux ont été espionnés moyennant les logiciels Pegasus et Candiru. De nombreux éléments semblent confirmer que c’est le gouvernement espagnol qui se cache derrière ces attaques d’espionnage. Nous, Pirates, sommes choqués par ces dévoilements et nous exigeons de notre propre gouvernement, comme des autres gouvernements européens, de mettre fin tout de suite à l’usage de ce type de logiciels espion développés par la firme NSO. 
D’après la plate-forme électronique « The Citizens Lab », le logiciel espion Pegasus a tenté d’espionner quelque 63 politiciens catalans, des activistes et des avocats. Les tentatives semblent avoir été couronnées de succès auprès de 51 personnes au moins. Les attaques n’ont concerné pas seulement des présidents d’assemblées parlementaires et des députés, mais également leurs collaborateurs ainsi que des membres de famille très proches. Un grand nombre de ces actes d’espionnage ont déjà été rendu publics dans le cadre de l’affaire judiciaire opposant Facebook à NSO en 2019. Force est de constater aujourd’hui que de nombreuses autres personnes ont été espionnées par la firme NSO et ses donneurs d’ordre.
Le fait que ces attaques se font généralement dans le contexte de grandes manifestations, de négociations importantes et d’arrestations et le fait que NSO prétend vendre ses logiciels uniquement à des organisations étatiques, semblent confirmer la thèse que ce sont effectivement le gouvernement de Madrid et le service secret espagnol CNI qui sont à l’origine de ces opérations.
C’est au mois d’octobre de l’année passée, alors que des traces de logiciels malveillants avaient été trouvés sur des portables appartenant à des journalistes, des combattants des droits de l’homme et des politiciens d‘opposition, que nous, Pirates, avons rendu attentif à la Chambre sur les risques inhérents à l’usage de logiciels espion.
Dans un communiqué publié le 15 février 2022, le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) a, lui aussi, condamné les pratiques rendues possibles du fait de l’usage du logiciel Pegasus par des États clients de la firme NSO. Dans sa quatrième recommandation, il demande aux États membres de l’UE de mettre fin à ce type de pratiques. Toujours d’après le CEPD, sur base de l’article 83 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFEU), l’utilisation d’un logiciel espion peut être considéré comme étant un acte criminel. Entretemps, le Parlement européen a mis en place une Commission d’enquête qui a entamé ses travaux pas plus tard que hier. Le gouvernement luxembourgeois a avoué que le SRE utilise de tels outils, ce que les Pirates condamnent fermement.
Nous, Pirates, exigeons l’arrêt immédiat de l’usage de logiciels espion de même que l’achat de tels logiciels auprès de la firme NSO. Nous exigeons de notre gouvernement de s’engager au niveau européen pour que le contexte des révélations de la plate-forme « The Citizens Lab » soit clarifié et rendu public et que les initiateurs de ces opérations d’espionnage visant des représentants du peuple et des membres de la société civile soient mis devant leurs responsabilités et punis. 

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